Mais regarde toi ! coup de blush sur Nathy

Photos : Nicolas Guillemot

Fantastique, lumière, transparence et grand écart

Nathy travaille avec nous depuis … toujours disons le simplement. Elle connait nos atermoiements, nos idées géniales et nos aspirations improbables. Elle nourrit notre imaginaire en y apportant sa touche de franchise salvatrice et surtout ses multiples talents comme savoir jouer la transparence de la carnation pour plus de subtilité, jouer la carte de la transformation radicale en créature venue de la planète Quatre Ailes, jouer main dans la main avec la lumière et la vidéo pour booster un visage perdue et faire naître nos rêveries.

Adolescence, jeunesse, glamour, paillettes et masque virtuels

Sur Mais regarde toi ! Nathy est sur tous les fronts. Il y a l’inévitable question de l’adolescence et de trouver à la fois la fraîcheur et la fragilité du visage d’une jeune fille qui quitte l’enfance. Ensuite, il y a la question du glamour, des paillettes et du côté pop psychédélique qu’exige pour nous la confrontation avec l’univers de Lewis Carroll.

Photo : Nicolas Guillemot

Et enfin, il y a notre désir essentiel d’utiliser la vidéo pour raconter des histoires. Ici nous questionnons une approche que les plus geek et les plus jeunes d’entre nous connaissent bien. Ce sont les masques virtuels que certaines application comme Snapchat ou Instagram ont popularisé. Il s’agit d’une technologie à base de réalité augmentée permettant de superposer un masque ou un filtre ou un Lens sur le visage d’un acteur pour changer ses caractéristique physiques. Le résultat est souvent bluffant mais la fusion est parfois brouillonne. C’est là que Nathy intervient pour créer dans les visages une continuité du masque virtuel pour permettre une meilleure sensation de réel ou plus exactement pour croire davantage à l’illusion technologique. Une approche plastique l’on adore. Celle de mélanger la technologie, le théâtre et le travail de collage, de bricolage… Nathy sera donc aussi dans la minutie de ce travail pour faire le pont entre numérique et artisanale.

Photo : Nicolas Guillemot

Regardons la situation les yeux dans les fards

Nathy qui a commencé cette création avec tout son coeur et son art, va devoir passer le relais à un.e autre artiste du maquillage que nous cherchons encore. Une chute malheureuse l’empêche de poursuivre l’aventure. Nous lui souhaitons évidemment un bon rétablissement. Show must go on !!!

Mais regarde toi ! coup de projecteur sur Coline

photos : Nicolas Guillemot

Des créations, du prêt à porter, du bricolage, de la vidéo, du théâtre, de l’acrobatie…

Coline mobilise tout ses talents pour s’atteler à chacune des facettes du futur spectacle et des contraintes qui en découlent. Aborder la pluridisciplinarité n’est pas qu’une idée c’est un principe qui touche tous les créateurs et créatrices qui approche nos projets.

Les costumes de Mais regarde toi ! racontent la réalité de l’adolescence d’aujourd’hui avec un regard qui doit être en relation avec la jeune Anna sans tomber dans le caricatural. Il y a donc un équilibre à trouver entre l’adolescence contemporaine, le caractère du personnage, la grande liberté de mouvements nécéssaire à la comédienne et acrobate qui interprète Anna. Sans oublier les exigences techniques de l’usage de la projection vidéo et de la lumière de scène pour trouver un équilibre durable sur toute la pièce.

photo : Nicolas Guillemot

Pour les autres personnages c’est un savant mélange entre personnages issues du réel, personnages fantastiques aux formes et proportions exagérées et personnages fictifs dont l’apparence sera modifiée par des filtres et des déformations audiovisuelles. Il y a donc un va et vient entre un travail de création, de détournement et d’habillage. Et comme nous sommes toujours guidés par l’imaginaire d’Anna on ne doit pas perdre de vue de jouer avec des codes contemporains ou de les transformer.

photo : Nicolas Guillemot

C’est dans cette dynamique que Coline coupe, tranche, colle, découpe, brode, scie, coud et épingle. Petit à petit les silhouettes se dessinent et passent du papier à la 3D.

photo : Nicolas Guillemot

Pour prendre toute la mesure de son univers… Ça se passera en novembre 2020 à Ivry-sur-seine

Mais regarde toi ! Coup de projecteur sur Frédéric

photos : Nicolas Guillemot

Frédéric Chevaux nous accompagne de nouveau dans cette aventure théâtrale et pluridisciplinaire. Il était déjà aux commandes de l’écriture de Certains regardent les étoiles en 2018 et il nous fait le plaisir de poursuivre l’aventure avec Mais regarde toi ! prévu pour novembre 2020.

Une écriture de plateau, une écriture d’adaptation, une écriture plastique…

photo : Nicolas Guillemot

Le défi de l’écriture de Mais regarde toi ! est énorme. D’une part parce que nous avons perdu plus de trois mois de travail avec le confinement lié à la pandémie mais surtout parce que c’est une approche inédite pour nous. Habitués des adaptations et des réécritures nous avons décidé d’expérimenter un autre regard pour saisir l’adolescence d’aujourd’hui avec la poésie et la féerie cruelle que sait tisser Frédéric. Le spectacle repose sur l’inspiration venue de l’écoute du podcast Entre saison 1 de Louie Media, l’apparition de faits divers violents liés à l’adolescence comme l’histoire d’Evaëlle 11 ans poussée à bout par le harcèlement et l’univers de Lewis Carroll dans De l’autre côté du miroir.

Frédéric lors de ces dernières répétitions de septembre est passé par l’intense processus d’écriture par le plateau pour nous permettre d’expérimenter la dramaturgie, d’improviser autour de son texte et de l’éprouver avec le dispositif scénique et audiovisuel.

Un texte en strates

photo : Nicolas Guillemot

Le résultat de tout cela est un texte en strates et en recouvrements. Il y a Anna qui navigue entre rêve et réalité, vivant au présent des aventures folles. Il y a au loin une voix mystérieuse mais familière à Anna qui lui parle comme si elle la connaissait. Et enfin, il y a tous les personnages et toutes les apparitions qui vont surgir comme dans un jeu d’aventures. De cette apparente complexité survient l’univers propre à Lewis Carroll, le trouble propre à l’adolescence et la fantaisie sensible qui unit Frédéric au Collectif Quatre Ailes.

Soyons honnêtes…

Cette écriture n’est pas de tout repos, on se prend la tête, on se la tape contre les murs, on saigne nos cerveaux, on étouffe sous nos masques, on a de la buée sur nos lunettes, on se plante des stylos dans la main de désaccord, on a les yeux rouges et secs de surdose de traitement de textes, nos techniciens menacent de nous abattre avec un fusil à lunette, les interprètes convulsent de tergiversations sur le plateau et Frédéric a fusionné avec l’imprimante laser du théâtre. Mais tout ça c’est pour vous, alors on est content ! Rendez-vous en novembre 2020

Début de saison explosif pour les Quatre Ailes

Nous sommes de retour, nous sommes sublimes, nous sommes en pleine crise de nerfs, nous sommes partout à la fois, nous sommes quantiques !!!!  Ravagés par une combinaison diaboliques de créativité, de surcharge de travail et de plaisir de pouvoir reprendre le fil d’une saison à vos côtés. 

Cette saison est très particulière pour nous car elle signe à la fois l’arrivée d’une nouvelle création Mais regarde toi ! La fin de notre résidence de trois ans au Théâtre Antoine Vitez (Scène d’Ivry) et le démarrage de nouvelles dynamiques de territoire pour continuer à créer en lien avec le monde comme il va.  Et enfin la poursuite de la tournée de Certains regardent les étoiles qui continue sur la route du succès. 

Alors si vous voulez causer de tout ça avec nous il y a quelques rendez vous :

La présentation de saison du Théâtre Antoine Vitez le 15/09/2020 à 20h00 – réserver

À voir cette saison

Les représentation de Mais regarde toi ! du 06/11/2020 au 14/11/2020 – en savoir plus

Inspiré par l’histoire vraie d’une jeune fille de 12 ans, Mais regarde toi ! raconte l’histoire d’Anna qui, réduite au silence, part en quête d’elle-même pour que cessent ses tourments.

Un parcours initiatique et kaléidoscopique dont on ne sait pas s’il est une rêverie adolescente ou l’oeuvre d’Anna devenue adulte.

La tournée de Certains regardent les étoiles 

Le théâtre joue avec le cinéma pour croiser les histoires de Victor et de Gabrielle, deux enfants de 12 ans. Séparés par 50 ans, ces deux récits initiatiques racontés l’un en mots et l’autre en images, sont portés par un comédien seul en scène.

Calendrier

18 septembre 2020 à 14h15 et 19h00

Espace culturel du Bois Fleuri, route de Bordeaux, 33310 Lormont

Réserver 

15 octobre 2020 à 14h30

16 octobre 2020 à 10h00 et à 19h00

Théâtre Charles Dullin, Mail des Arcades, 76120 Le Grand-Quevilly

Réserver

10 novembre 2020 à 14h30

L’orange bleue, 7 Rue Jean Mermoz, 95600 Eaubonne

Réserver

17 novembre 2020 à 10h00 et à 14h00

Le Quai 3, 3 Quai Voltaire, 78230 Le Pecq

Réserver

19 novembre 2020 à 10h00 et à 14h00

20 novembre 2020 à 10h00 

Centre culturel Jean Vilar, 44 Allée des Épines, 78160 Marly-le-Roi

Réserver

30 novembre 2020 à 14h30

1er décembre 2020 à 14h00 et à 19h30 

Théâtre du Vésinet, 9 Boulevard Carnot, 78110 Le Vésinet

Réserver

10 et 11 décembre 2020 à 10h00 et à 14h00

Salle Malesherbes, avenue Albine, 78600 Maisons-Laffitte

Réserver

du 04 au 09 février 2021

Anis Gras Le lieu de l’autre, 55 Avenue Laplace, 94110 Arcueil

le 12 février 2021 à 14h30 et à 18h00

Théâtre Philippe Noiret, Place des Fontaines, 49700 Doué-en-Anjou

Réserver

le 16 février 2021 à 14h00 et à 20h00

Le Grain de sel, 5 Ter Rue des Écoles, 56860 Séné

Réserver

le 18 mars 2021 

le 20 mars 2021 Arto, hors les murs Ramonville 31524

Nostalgie du jour…

L’équipe du Théâtre Antoine Vitez nous a fait le plaisir de capturer un de nos derniers moment de création avec les jeunes d’Ivry. Une séance de présentation du travail d’écriture réalisé avec une classe du Collège H. Wallon aux élèves du Collège Molière pour qu’ils puissent interpréter histoires et personnages…

Projet : Please LIKE me ! Résidence territoriale en milieu scolaire du Collectif Quatre Ailes


C’était notre résidence territoriale en milieu scolaire…

Le Riff avec Nicolas

Vous nous parlez souvent de l’univers sonore et des musiques qui accompagnent nos créations. Elles sont la création de Nicolas Séguy que vous connaissez bien depuis le temps : voir ses albums.

Mais son univers est bien plus vaste et il fait aussi parti d’un autre groupe LE RIFF qui vient de sortir un premier album sans parole. Nous sommes heureux de le partager avec vous.

Épisode 6 : Certains regardent les étoiles à Fès

Dernier épisode avant notre retour à Paris. Je sens d’ici votre frustration. Quoi ? Comment ???…. Mais il va encore y avoir le taxi, la douane, le transport, encore la douane, le parking de l’aéroport et sa barrière maudite, les ascenseurs, des grèves à Paris peut-être même… Ils vont souffrir et être très stressés. J’en veux !!! J’en veux des infos horribles ! Et bien non ! Nous garderons un peu de mystère. 

Parlons plutôt de Fès…

Notre arrivée à Fès fut aussi rapide que notre départ. En revanche, la journée d’installation a été longue, épique et semée d’embûches. L’Institut français de Fès nous accueillait dans un complexe culturelle aux proportions titanesques joliment nommé en arabe « liberté ».

Mais malheureusement il n’est pas très équipé et surtout il dispose d’une salle dans laquelle le pré-montage et les recommandations techniques n’avaient pas été suivies malgré nos multiples vérifications. Au désespoir de Manu, de Michaël et de Brahim l’attaché culturel de l’Institut Français qui était fort contrarié de la situation. 

Pour vous donner une idée, nous n’avions pas d’échelle assez grande pour accéder aux projecteurs, il n’y avait aucune draperie (pendrillons pour masquer la scène), une partie des projecteurs été cassée, mal fixée, incomplète ou ne correspondaient pas à la demande initiale, les gradateurs n’étaient pas branchés… Une épreuve difficile pour Manu et Michaël qui étaient déjà bien fatigués de la tournée et surtout déçus de terminer nos représentations dans un stress aussi intense avec le risque de ne pas être opérationnel pour le soir. Si s’adapter est évidement la règle de se type de tournée, s’adapter demande un peu de temps et à défaut d’assistance. Chose que nous n’avions pas. 

Mais comme toujours avec beaucoup d’ingéniosité on a réussi notre coup. Mais il aura fallu par exemple poser le décor sur des accoudoirs de sièges de bureau dérobés à la sauvette dans le lieu qui ne voulait pas nous prêter le matériel adéquat…

La représentation a été un très beau moment avec une salle pleine d’un public familial attentif et attentionné. La plus grande fréquentation « tout public » de toute la tournée. Une réussite et un beau cadeau orchestré par Brahim de l’Institut français toujours là pour essayer de faciliter les choses et pour que le public profite au maximum ce ce moment. 

Photo du public durant la tournée au Maroc

Ce qui nous aura bouleversé ceux sont les rencontres à l’issue de la représentation. Le public attendait dans les couloirs pour nous parler. D’abord il y avait cet enfant de 7 ans en larmes parce qu’il voulait absolument voir les météorites de Victor. Il voulait faire le même métier aussi. Alors comment ne pas fondre et sortir nos pierres et le voir tout ému et enchaîner les questions. 

Ensuite il y avait cette jeune femme (Latifa) et ses amies elles aussi fébriles qui voulaient savoir le vrai, du faux, nous dire combien le spectacle leur avait donné envie de visiter le Muséum d’Histoire Naturelle ou nous témoigner l’importance pour elle de l’Institut français et l’importance de montrer ce type de spectacle en famille à Fès et au Maroc en général. Des femmes vraisemblablement enseignantes qui nous ont parlé de leurs projets avec les enfants sur les étoiles… Des femmes fortes, pleines d’une énergie communicative et des femmes très créatives à n’en pas douter !

Et puis il y a eu ce jeune garçon en préparation pour un concours national au Maroc. Il doit interpréter un texte d’un auteur russe qui parle de la seconde guerre mondiale. En cas de victoire il pourrait aller en final en Russie… Alors il parle interprétation avec Damien, trac, etc.

Le temps passe et le démontage suit son cours suivi du conditionnement du décor nécessaire au départ en avion. Opérations que nous avons mené avec beaucoup de sensualité. 

https://www.collectif4ailes.fr/blog/wp-content/uploads/2020/02/VID_20200218_215133_LS.mp4

Brahim toujours là pour nous garder sous son aile veille au bon déroulement des choses mais un poil contrarié car Damien s’est fait dérobé son téléphone dans les loges. Mais rien n’entamera notre bonne humeur pas même le fait que Brahim nous attende seul au restaurant. Cette rencontre avec Brahim a été malgré la fatigue générale un moment précieux. C’est un érudit passionné de Culture au sens large, un esprit libre, curieux, espiègle et bienveillant dont la curiosité pour le monde qui l’entoure et aussi vaste que ce qu’il prend plaisir à transmettre. Nous sommes tombés sous le charme.

Dernière journée

La nuit passe et au matin nous décidons de mettre à profit cette ultime journée pour régler d’une part les démarches administratives suite au vol et de nous accorder un temps de promenade et de relaxation. 

Fès possède une médina traditionnelle préservée aux dimensions uniques dans le Maroc. Il y a des sites remarquables notamment… des jardins !! (moi je veux voir le jardin cette fois !!!! Personne ne m’en empêchera, foi de Damien…)

Nous voilà donc arpentant les rues de Fès en quête du jardin. Michaël que plus rien n’arrête prend la tête du convoie. Vous ne le devinerez jamais ! Il nous entraine sur une voie rapide au milieu des voitures !!!

Mais nous avons vaincu le mauvais oeil et la récompense fut belle car ce n’est pas 1 mais 2 jardins que nous avons pu visiter. Dont un pétri de l’influence arabe-andalouse qui lui donne un charme fou. 

Nous avalons un déjeuner au coeur de la médina est s’en suit une immersion dans son labyrinthe de ruelles. On a voulu nous envoyer 20 fois voir une synagogue quand on cherchez le quartier des tanneurs et nous avons copieusement tourné en cercles concentriques autour de la synagogue quand nous voulions rejoindre un hammam. À la suite de quoi, nous sommes allés dans le quartier des tanneurs quand nous voulions trouver la sortie de la médina. Bref tout était normal !! Michaël a passé son temps à chercher le palais des glaouis pour se repérer mais pour une raison inexpliquée on ne l’atteignait jamais. Résultat, l’après-midi a été régulièrement entrecoupée par des « c’est très simple il faut se diriger vers le palais El Glaoui » suivi de « mais les Glaouis ils ont encore disparu du plan, Manu !!  tu as vu El Glaoui ? » 

Manu et Damien : Glaoui (hiihihihihih) 

Michaël : vous êtes débiles ! Je vais jeter ce guide !!!

Totalement oint d’huile d’Argan après le hammam nous avons littéralement glissé sur notre autoroute en travaux jusqu’à un magnifique bar restaurant sur les hauteurs de Fès. Une dernière occasion d’embrasser la ville depuis la vue panoramique, enfoncer dans nos fauteuils moelleux au son de la musique traditionnelle jouée par le groupe de l’un des serveurs. 

Bonne nuit, Fès !

Au-revoir le Maroc et merci pour ces représentations, ces rencontres, cette découverte d’une culture et d’un nature qui nous étaient méconnues… Nous repartons avec la certitude que ces échanges de spectacles internationaux sont indispensables pour faire un monde un peu meilleur. Nous avons alors une pensée tendre pour l’un des lieux qui nous a vu grandir en tant qu’artistes et dont les équipes nous ont accompagné des années durant. Celles et ceux qui se souviennent du slogan d’Adel Hakim et Elisabeth Chailloux : « Théâtre des Quartiers d’Ivry, Théâtre des Quartiers du Monde » nous comprendrons.

Pour le plaisir voici quelques moments inattendus de la tournée :

Les beaux sites et salles de Marrakech et Meknès

Le catering de Tanger

Le dîner avec l’équipe de Tétouan dans notre riad

Apprendre par le public à Fès que le Maroc disposait de la passionnante Attarik foundation qui oeuvre dans le champs des étoiles avec à sa tête une femme de science remarquable Hasnaa Chennaoui.

Merci d’avoir suivi nos aventures sur le blog et les réseaux sociaux. Merci pour vos petits mots, vos encouragements, vos pensées et vos dons pour nous aider à continuer à créer et à raconter des histoires.

Merci aussi à toutes celles et ceux qui depuis la France nous ont porté dans les moments de joie comme les coups durs : Annabelle et Estelle bien-sûr et aussi les équipes du Théâtre Antoine Vitez (scène d’Ivry) et toute l’équipe de création de Certains regardent les étoiles qui habitait nos pensées.

À bientôt.

Épisode 5 : Certains regardent les étoiles à Meknès

C’est reparti pour un engloutissement de kilomètres ! De nouveau 6 bonnes heures de notre Youness-bus pour à arriver à Meknès. Comme le veut notre tradition c’est au petit matin que se joue la scène après le petit déjeuner rapidement avalé. Le chemin qui nous conduit à Meknès est plongé dans la pénombre et le brouillard. Nous traversons de nouveaux paysages plus montagneux et verdoyants. 

Après une pause café express au restaurant panoramique avec vue sur le barrage et la vallée dont nous n’aurons aperçu ni l’un ni l’autre nous continuons notre route entre chemins de terre, lacets, virages et soubresauts… La vue était superbe mais cette tenace envie de vomir pendant 5h c’était un chouya pénible !!! Heureusement que nous pouvions compter sur DJ Youness pour essayer de nous divertir. 

L’arrivée à Meknès dans la salle de l’Institut français s’est parfaitement déroulée. Comme pour Marrakech, l’Institut est regroupé sur un seul grand site avec un grand parc qui l’entoure. Les deux services de montage se passent bien mais tout le monde est fatigué et la journée de off qui nous attend le lendemain est vitale. 

Parlons en de cette journée de off…

Je vous passe notre matinée à trainasser au lit. 

Tout commence par une expédition dans la médina pour un déjeuner tardif dans un restaurant avec une magnifique vue sur la ville. Le restaurant porte le nom de : Le collier de la colombe, une occasion rêvée pour Damien de fredonner en boucle à Michaël 1000 Colombes de Mireille Mathieu. 

Tout y est très bon dans ce restaurant même si le service semble s’étirer dans le temps. Avec le recul, c’était sûrement pour nous prévenir de ce qui nous attendait !! 

Michaël la carte au poing nous dirige d’un pas décidé vers la prison des chrétiens. Vraisemblablement pour y jeter Damien qui un poil agaçant ne cesse de répéter en boucle qu’on va se perdre, qu’il veut rencontrer le Sultan et qu’il ne veut plus voir de pierres. Il veut voir un jardin, il veut voir un jardin, il veut voir un jardin, il veut voir un jardin… 

Après quelques pièges et cul-de-sac dans la médina (je l’avais dit, moi, je veux voir un jardin…) nous arrivons devant la dite prison dont l’accès est agrémenté de calèches aux toits richement ouvragés de dorures, de miroirs et de paillettes. C’est Manu qui cette fois devance Damien en disant qu’il est vital qu’il prenne un carrosse pour la visite. Vous vous doutez bien que l’individu en question qui est extrêmement contrariant va dire… Oh oui, mais je veux la calèche la plus chatoyante et magnifique de la ville. Celles-ci ne me plaisent pas !!!

Elle va être pénible cette journée… et longue aussi…

Un coup d’oeil sur la droite nous révèle un site magnifique : le mausolée de Moulay Ismaïl. Sultan de sa fonction. MOI JE VEUX VOIR LE SULTAN !! Soupir fatigué de l’assemblée. Lecture du guide par Michaël. Approche stratégique du bâtiment… fermé !

Nous nous engageons pour visiter la prison, ouverte elle, mais Michaël nous arrête royalement : « attendez je vais lire le guide pour savoir si ça vaut le coup de payer » Verdict du guide : sauf s’il y a une expo temporaire, ce site est n’est qu’une grotte dans le sol plongée dans le noir avec quelques orifices au plafond… Bien, donc sauf y abandonner Damien inutile de perdre du temps. 

Michaël pour faire taire Damien choisit le jardin et le bassin de l’Agdal… C’est là où tout bascule ! Un fascicule dans une main, Google Map dans l’autre et le guide entre les dents Michaël dont la passion des cartes n’est plus a prouver fend la route… dans le mauvais sens. Après quelques mètres dans un dédale de calèches rappelant davantage une sortie de bal de « Cendrillons » bourrées qu’une protocolaire fin des 1001 et une nuits ; nous nous résignons à faire demi-tour. Cette fois c’est certain direction le Jardin !! Vengeur et tenace Michaël balaie d’un revers de main l’option touristique par la médina et choisi la route la plus rapide. La voie rapide pour automobiles qui longe le palais royal. Vous allez me dire qu’avec Marrakech on aurait du avoir un doute. Mais non. 

Après une bonne vingtaine de minutes de marche sous un soleil espiègle nous arrivons devant le palais du Roi bardé de militaires, sur une place traversée façon place de l’étoile par des automobiles sans vergognes. Notre guide spirituel prend sa mine contrariée, l’entrée du jardin est bouchée  !!!! Après quelques atermoiements on fonce dans une nouvelle portion de voie rapide, le coeur vaillant. Un militaire au sourire flamboyant et aux dents dansantes nous explique le chemin. Ce n’est pas si loin. Après quelques pas… Damien vérifie. « Michaël, tu as vu comme moi il a dit droite avec la bouche et gauche avec la main, non ? « … Ah oui, oui, oui ! »

Le scélérat !!! 

Nous ne nous ferons pas piéger. On tourne à gauche toute, il y a du vert et une route plus petite… Hourra !!!!

LE PARC DES EXPOSITION !!! Avec le Salon de l’agriculture du Maroc TROP BIEN !!! Ce n’est pas là du tout. 

Palsambleu !! On ne perdra pas cette fois. Nous aurons le bassin de l’Agdal à notre compteur. 

Un jeune couple posé sur une souche nous renseigne par un sympathique mais vague, « C’est par là. » 

Manu plein de fougue sur cette nouvelle route s’écrie les yeux humides d’émotions ! On arrive regardez ces grilles finement ouvragées et ces fers forgés dorés ! C’est beaucoup plus beau, c’est là !

Oui Oui OUI !!! Répondent en coeur ses acolytes. 

Damien : « C’est tout de même fou d’avoir planté la photo du Roi en habit militaire dans ce jardin… »

Pas si fou que ça puisque c’était : La caserne militaire !

C’était la goutte de trop. On abandonne, on avance jusqu’au carrefour et on monte dans un petit taxi bleu layette pour rejoindre la place centrale de la médina. Comme le veut la coutume on va négocier le tarif avant d’entrer dans le véhicule mais notre hôte nous arrête car il possède un compteur. Michaël monte devant et regarde l’engin d’un air suspicieux et amer de sa défaite topographique. 

Toutefois il ose poser la question au chauffeur après quelques secondes de route. Le compteur indique sur son afficheur tremblotant un 1.00

  • Michaël :  Il est où le bassin de l’Agdal, Monsieur ?
  • Chauffeur : ben là juste là, vous ne l’avez pas vu ? (l’air incrédule !)
  • Michaël bougon : Non ! (l’oeil mauvais sur le compteur)
  • Chauffeur : je peux passer devant si vous voulez
  • Michaël : Non, non … On va à la place ! 
  • Michaël : Et puis c’est 200 dirham sur le compteur là ? Demande Michaël plein de sueur et l’oeil menaçant. 
  • Chauffeur riant : Non c’est 2.00 dirham

Une fois sur la belle et grouillante place de Meknès, on entend la mélodique voix de Damien dire : « Ben moi je comprends pas pourquoi on a pas fait le détour en taxi !!! Personne il veux me laisser voir le jardin !! Pour une course à 15 dirham (soit 1,5 € à trois) ça valait le coup ! Manu garde une sage réserve sur le sujet. Michaël répond « ben oui mais j’ai cru que c’était 200 dirham !!! J’ai paniqué ! »

Ce cuisant échec nous aura permis vivre de nouvelles désespérantes et pédestres aventures. Nous avons enchainé avec un café panoramique sur la médina, une balade jusqu’à un musée fermé, une balade jusque à une mérdersa fermée pour travaux, à une maison berbère fermée, et un bar à vin (Meknès est connu pour son vin) fermé aussi. Toutefois, nous avons adoré sillonné dans la Médina sans but, profité de vues magnifiques et de la joie incommensurable de pouvoir se plaindre sans discontinuer durant toute notre journée de repos. Le rêve ABSOLU. 

Cette journée chaotique touche à sa fin et une fois tout le monde calfeutré dans son lit,  deux secousses sismiques nous ont sorties de notre torpeur. On entend Manu sauter sur l’ordi de régie pour fuir avec l’essentiel. Mais très vite ça se calme. Une fois que le lit a arrêté de faire des zigzags dans la pièce un message apparaît sur mon portable… Je vous JURE !! Il ne manquait plus que ça !! 

Le jour se lève sur une nouvelle journée à Meknès

Nous en venons à nos représentations sur le très beau site de l’Institut Français de Meknès. C’est ici que nous avons joué notre première représentation exclusivement scolaire. 300 enfants sont donc venus découvrir le spectacle. La représentation a été assez sportive car nos jeunes spectateurs ne manquaient pas d’énergie et d’enthousiasme. L’expérience restera inoubliable et riche d’enseignements sur le jeune public marocain. Dans une ambiance plus calme nous avons reçu le tout public en soirée. L’institut nous a fait l’honneur d’inviter un groupe d’enfants vivants dans un orphelinat de la ville. Une très belle représentation pleine de délicatesse notamment avec ces enfants qui comme Victor et Gabrielle sont blessés par la vie et par l’absence de l’amour de leurs famille. Après un démontage express 

Nous avons partagé dans le café qu’abrite l’institut un délicieux repas en compagnie de l’équipe de l’institut et de quelques spectatrices nous aillant attendu. Cette fin de soirée nous a ravi, car une fois encore nous avons pu constater le dynamisme et l’engagement qui règne sur le terrain et comprendre un peu mieux les grandes diversités d’actions que chacun.e mène pour la diffusion de la Culture dans le royaume du Maroc. Mais il est déjà l’heure de dormir car demain nous filons aux aurores dans la ville de Fès qui clôturera notre périple.