Le Riff avec Nicolas

Pochette album : Le Riff

Vous nous parlez souvent de l’univers sonore et des musiques qui accompagnent nos créations. Elles sont la création de Nicolas Séguy que vous connaissez bien depuis le temps : voir ses albums.

Mais son univers est bien plus vaste et il fait aussi parti d’un autre groupe LE RIFF qui vient de sortir un premier album sans parole. Nous sommes heureux de le partager avec vous.

Épisode 6 : Certains regardent les étoiles à Fès

Dernier épisode avant notre retour à Paris. Je sens d’ici votre frustration. Quoi ? Comment ???…. Mais il va encore y avoir le taxi, la douane, le transport, encore la douane, le parking de l’aéroport et sa barrière maudite, les ascenseurs, des grèves à Paris peut-être même… Ils vont souffrir et être très stressés. J’en veux !!! J’en veux des infos horribles ! Et bien non ! Nous garderons un peu de mystère. 

Parlons plutôt de Fès…

Notre arrivée à Fès fut aussi rapide que notre départ. En revanche, la journée d’installation a été longue, épique et semée d’embûches. L’Institut français de Fès nous accueillait dans un complexe culturelle aux proportions titanesques joliment nommé en arabe « liberté ».

Mais malheureusement il n’est pas très équipé et surtout il dispose d’une salle dans laquelle le pré-montage et les recommandations techniques n’avaient pas été suivies malgré nos multiples vérifications. Au désespoir de Manu, de Michaël et de Brahim l’attaché culturel de l’Institut Français qui était fort contrarié de la situation. 

Pour vous donner une idée, nous n’avions pas d’échelle assez grande pour accéder aux projecteurs, il n’y avait aucune draperie (pendrillons pour masquer la scène), une partie des projecteurs été cassée, mal fixée, incomplète ou ne correspondaient pas à la demande initiale, les gradateurs n’étaient pas branchés… Une épreuve difficile pour Manu et Michaël qui étaient déjà bien fatigués de la tournée et surtout déçus de terminer nos représentations dans un stress aussi intense avec le risque de ne pas être opérationnel pour le soir. Si s’adapter est évidement la règle de se type de tournée, s’adapter demande un peu de temps et à défaut d’assistance. Chose que nous n’avions pas. 

Mais comme toujours avec beaucoup d’ingéniosité on a réussi notre coup. Mais il aura fallu par exemple poser le décor sur des accoudoirs de sièges de bureau dérobés à la sauvette dans le lieu qui ne voulait pas nous prêter le matériel adéquat…

La représentation a été un très beau moment avec une salle pleine d’un public familial attentif et attentionné. La plus grande fréquentation « tout public » de toute la tournée. Une réussite et un beau cadeau orchestré par Brahim de l’Institut français toujours là pour essayer de faciliter les choses et pour que le public profite au maximum ce ce moment. 

Photo du public Certains regardent les étoiles au Maroc
Photo du public durant la tournée au Maroc

Ce qui nous aura bouleversé ceux sont les rencontres à l’issue de la représentation. Le public attendait dans les couloirs pour nous parler. D’abord il y avait cet enfant de 7 ans en larmes parce qu’il voulait absolument voir les météorites de Victor. Il voulait faire le même métier aussi. Alors comment ne pas fondre et sortir nos pierres et le voir tout ému et enchaîner les questions. 

Ensuite il y avait cette jeune femme (Latifa) et ses amies elles aussi fébriles qui voulaient savoir le vrai, du faux, nous dire combien le spectacle leur avait donné envie de visiter le Muséum d’Histoire Naturelle ou nous témoigner l’importance pour elle de l’Institut français et l’importance de montrer ce type de spectacle en famille à Fès et au Maroc en général. Des femmes vraisemblablement enseignantes qui nous ont parlé de leurs projets avec les enfants sur les étoiles… Des femmes fortes, pleines d’une énergie communicative et des femmes très créatives à n’en pas douter !

Et puis il y a eu ce jeune garçon en préparation pour un concours national au Maroc. Il doit interpréter un texte d’un auteur russe qui parle de la seconde guerre mondiale. En cas de victoire il pourrait aller en final en Russie… Alors il parle interprétation avec Damien, trac, etc.

Le temps passe et le démontage suit son cours suivi du conditionnement du décor nécessaire au départ en avion. Opérations que nous avons mené avec beaucoup de sensualité. 

Brahim toujours là pour nous garder sous son aile veille au bon déroulement des choses mais un poil contrarié car Damien s’est fait dérobé son téléphone dans les loges. Mais rien n’entamera notre bonne humeur pas même le fait que Brahim nous attende seul au restaurant. Cette rencontre avec Brahim a été malgré la fatigue générale un moment précieux. C’est un érudit passionné de Culture au sens large, un esprit libre, curieux, espiègle et bienveillant dont la curiosité pour le monde qui l’entoure et aussi vaste que ce qu’il prend plaisir à transmettre. Nous sommes tombés sous le charme.

Dernière journée

La nuit passe et au matin nous décidons de mettre à profit cette ultime journée pour régler d’une part les démarches administratives suite au vol et de nous accorder un temps de promenade et de relaxation. 

Fès possède une médina traditionnelle préservée aux dimensions uniques dans le Maroc. Il y a des sites remarquables notamment… des jardins !! (moi je veux voir le jardin cette fois !!!! Personne ne m’en empêchera, foi de Damien…)

Nous voilà donc arpentant les rues de Fès en quête du jardin. Michaël que plus rien n’arrête prend la tête du convoie. Vous ne le devinerez jamais ! Il nous entraine sur une voie rapide au milieu des voitures !!!

Mais nous avons vaincu le mauvais oeil et la récompense fut belle car ce n’est pas 1 mais 2 jardins que nous avons pu visiter. Dont un pétri de l’influence arabe-andalouse qui lui donne un charme fou. 

Nous avalons un déjeuner au coeur de la médina est s’en suit une immersion dans son labyrinthe de ruelles. On a voulu nous envoyer 20 fois voir une synagogue quand on cherchez le quartier des tanneurs et nous avons copieusement tourné en cercles concentriques autour de la synagogue quand nous voulions rejoindre un hammam. À la suite de quoi, nous sommes allés dans le quartier des tanneurs quand nous voulions trouver la sortie de la médina. Bref tout était normal !! Michaël a passé son temps à chercher le palais des glaouis pour se repérer mais pour une raison inexpliquée on ne l’atteignait jamais. Résultat, l’après-midi a été régulièrement entrecoupée par des « c’est très simple il faut se diriger vers le palais El Glaoui » suivi de « mais les Glaouis ils ont encore disparu du plan, Manu !!  tu as vu El Glaoui ? » 

Manu et Damien : Glaoui (hiihihihihih) 

Michaël : vous êtes débiles ! Je vais jeter ce guide !!!

Totalement oint d’huile d’Argan après le hammam nous avons littéralement glissé sur notre autoroute en travaux jusqu’à un magnifique bar restaurant sur les hauteurs de Fès. Une dernière occasion d’embrasser la ville depuis la vue panoramique, enfoncer dans nos fauteuils moelleux au son de la musique traditionnelle jouée par le groupe de l’un des serveurs. 

Bonne nuit, Fès !

Au-revoir le Maroc et merci pour ces représentations, ces rencontres, cette découverte d’une culture et d’un nature qui nous étaient méconnues… Nous repartons avec la certitude que ces échanges de spectacles internationaux sont indispensables pour faire un monde un peu meilleur. Nous avons alors une pensée tendre pour l’un des lieux qui nous a vu grandir en tant qu’artistes et dont les équipes nous ont accompagné des années durant. Celles et ceux qui se souviennent du slogan d’Adel Hakim et Elisabeth Chailloux : « Théâtre des Quartiers d’Ivry, Théâtre des Quartiers du Monde » nous comprendrons.

Pour le plaisir voici quelques moments inattendus de la tournée :

Les beaux sites et salles de Marrakech et Meknès

Le catering de Tanger

Le dîner avec l’équipe de Tétouan dans notre riad

Apprendre par le public à Fès que le Maroc disposait de la passionnante Attarik foundation qui oeuvre dans le champs des étoiles avec à sa tête une femme de science remarquable Hasnaa Chennaoui.

Merci d’avoir suivi nos aventures sur le blog et les réseaux sociaux. Merci pour vos petits mots, vos encouragements, vos pensées et vos dons pour nous aider à continuer à créer et à raconter des histoires.

Merci aussi à toutes celles et ceux qui depuis la France nous ont porté dans les moments de joie comme les coups durs : Annabelle et Estelle bien-sûr et aussi les équipes du Théâtre Antoine Vitez (scène d’Ivry) et toute l’équipe de création de Certains regardent les étoiles qui habitait nos pensées.

À bientôt.

Épisode 5 : Certains regardent les étoiles à Meknès

C’est reparti pour un engloutissement de kilomètres ! De nouveau 6 bonnes heures de notre Youness-bus pour à arriver à Meknès. Comme le veut notre tradition c’est au petit matin que se joue la scène après le petit déjeuner rapidement avalé. Le chemin qui nous conduit à Meknès est plongé dans la pénombre et le brouillard. Nous traversons de nouveaux paysages plus montagneux et verdoyants. 

Après une pause café express au restaurant panoramique avec vue sur le barrage et la vallée dont nous n’aurons aperçu ni l’un ni l’autre nous continuons notre route entre chemins de terre, lacets, virages et soubresauts… La vue était superbe mais cette tenace envie de vomir pendant 5h c’était un chouya pénible !!! Heureusement que nous pouvions compter sur DJ Youness pour essayer de nous divertir. 

L’arrivée à Meknès dans la salle de l’Institut français s’est parfaitement déroulée. Comme pour Marrakech, l’Institut est regroupé sur un seul grand site avec un grand parc qui l’entoure. Les deux services de montage se passent bien mais tout le monde est fatigué et la journée de off qui nous attend le lendemain est vitale. 

Parlons en de cette journée de off…

Je vous passe notre matinée à trainasser au lit. 

Tout commence par une expédition dans la médina pour un déjeuner tardif dans un restaurant avec une magnifique vue sur la ville. Le restaurant porte le nom de : Le collier de la colombe, une occasion rêvée pour Damien de fredonner en boucle à Michaël 1000 Colombes de Mireille Mathieu. 

Tout y est très bon dans ce restaurant même si le service semble s’étirer dans le temps. Avec le recul, c’était sûrement pour nous prévenir de ce qui nous attendait !! 

Michaël la carte au poing nous dirige d’un pas décidé vers la prison des chrétiens. Vraisemblablement pour y jeter Damien qui un poil agaçant ne cesse de répéter en boucle qu’on va se perdre, qu’il veut rencontrer le Sultan et qu’il ne veut plus voir de pierres. Il veut voir un jardin, il veut voir un jardin, il veut voir un jardin, il veut voir un jardin… 

Après quelques pièges et cul-de-sac dans la médina (je l’avais dit, moi, je veux voir un jardin…) nous arrivons devant la dite prison dont l’accès est agrémenté de calèches aux toits richement ouvragés de dorures, de miroirs et de paillettes. C’est Manu qui cette fois devance Damien en disant qu’il est vital qu’il prenne un carrosse pour la visite. Vous vous doutez bien que l’individu en question qui est extrêmement contrariant va dire… Oh oui, mais je veux la calèche la plus chatoyante et magnifique de la ville. Celles-ci ne me plaisent pas !!!

Elle va être pénible cette journée… et longue aussi…

Un coup d’oeil sur la droite nous révèle un site magnifique : le mausolée de Moulay Ismaïl. Sultan de sa fonction. MOI JE VEUX VOIR LE SULTAN !! Soupir fatigué de l’assemblée. Lecture du guide par Michaël. Approche stratégique du bâtiment… fermé !

Nous nous engageons pour visiter la prison, ouverte elle, mais Michaël nous arrête royalement : « attendez je vais lire le guide pour savoir si ça vaut le coup de payer » Verdict du guide : sauf s’il y a une expo temporaire, ce site est n’est qu’une grotte dans le sol plongée dans le noir avec quelques orifices au plafond… Bien, donc sauf y abandonner Damien inutile de perdre du temps. 

Michaël pour faire taire Damien choisit le jardin et le bassin de l’Agdal… C’est là où tout bascule ! Un fascicule dans une main, Google Map dans l’autre et le guide entre les dents Michaël dont la passion des cartes n’est plus a prouver fend la route… dans le mauvais sens. Après quelques mètres dans un dédale de calèches rappelant davantage une sortie de bal de « Cendrillons » bourrées qu’une protocolaire fin des 1001 et une nuits ; nous nous résignons à faire demi-tour. Cette fois c’est certain direction le Jardin !! Vengeur et tenace Michaël balaie d’un revers de main l’option touristique par la médina et choisi la route la plus rapide. La voie rapide pour automobiles qui longe le palais royal. Vous allez me dire qu’avec Marrakech on aurait du avoir un doute. Mais non. 

Après une bonne vingtaine de minutes de marche sous un soleil espiègle nous arrivons devant le palais du Roi bardé de militaires, sur une place traversée façon place de l’étoile par des automobiles sans vergognes. Notre guide spirituel prend sa mine contrariée, l’entrée du jardin est bouchée  !!!! Après quelques atermoiements on fonce dans une nouvelle portion de voie rapide, le coeur vaillant. Un militaire au sourire flamboyant et aux dents dansantes nous explique le chemin. Ce n’est pas si loin. Après quelques pas… Damien vérifie. « Michaël, tu as vu comme moi il a dit droite avec la bouche et gauche avec la main, non ? « … Ah oui, oui, oui ! »

Le scélérat !!! 

Nous ne nous ferons pas piéger. On tourne à gauche toute, il y a du vert et une route plus petite… Hourra !!!!

LE PARC DES EXPOSITION !!! Avec le Salon de l’agriculture du Maroc TROP BIEN !!! Ce n’est pas là du tout. 

Palsambleu !! On ne perdra pas cette fois. Nous aurons le bassin de l’Agdal à notre compteur. 

Un jeune couple posé sur une souche nous renseigne par un sympathique mais vague, « C’est par là. » 

Manu plein de fougue sur cette nouvelle route s’écrie les yeux humides d’émotions ! On arrive regardez ces grilles finement ouvragées et ces fers forgés dorés ! C’est beaucoup plus beau, c’est là !

Oui Oui OUI !!! Répondent en coeur ses acolytes. 

Damien : « C’est tout de même fou d’avoir planté la photo du Roi en habit militaire dans ce jardin… »

Pas si fou que ça puisque c’était : La caserne militaire !

C’était la goutte de trop. On abandonne, on avance jusqu’au carrefour et on monte dans un petit taxi bleu layette pour rejoindre la place centrale de la médina. Comme le veut la coutume on va négocier le tarif avant d’entrer dans le véhicule mais notre hôte nous arrête car il possède un compteur. Michaël monte devant et regarde l’engin d’un air suspicieux et amer de sa défaite topographique. 

Toutefois il ose poser la question au chauffeur après quelques secondes de route. Le compteur indique sur son afficheur tremblotant un 1.00

  • Michaël :  Il est où le bassin de l’Agdal, Monsieur ?
  • Chauffeur : ben là juste là, vous ne l’avez pas vu ? (l’air incrédule !)
  • Michaël bougon : Non ! (l’oeil mauvais sur le compteur)
  • Chauffeur : je peux passer devant si vous voulez
  • Michaël : Non, non … On va à la place ! 
  • Michaël : Et puis c’est 200 dirham sur le compteur là ? Demande Michaël plein de sueur et l’oeil menaçant. 
  • Chauffeur riant : Non c’est 2.00 dirham

Une fois sur la belle et grouillante place de Meknès, on entend la mélodique voix de Damien dire : « Ben moi je comprends pas pourquoi on a pas fait le détour en taxi !!! Personne il veux me laisser voir le jardin !! Pour une course à 15 dirham (soit 1,5 € à trois) ça valait le coup ! Manu garde une sage réserve sur le sujet. Michaël répond « ben oui mais j’ai cru que c’était 200 dirham !!! J’ai paniqué ! »

Ce cuisant échec nous aura permis vivre de nouvelles désespérantes et pédestres aventures. Nous avons enchainé avec un café panoramique sur la médina, une balade jusqu’à un musée fermé, une balade jusque à une mérdersa fermée pour travaux, à une maison berbère fermée, et un bar à vin (Meknès est connu pour son vin) fermé aussi. Toutefois, nous avons adoré sillonné dans la Médina sans but, profité de vues magnifiques et de la joie incommensurable de pouvoir se plaindre sans discontinuer durant toute notre journée de repos. Le rêve ABSOLU. 

Cette journée chaotique touche à sa fin et une fois tout le monde calfeutré dans son lit,  deux secousses sismiques nous ont sorties de notre torpeur. On entend Manu sauter sur l’ordi de régie pour fuir avec l’essentiel. Mais très vite ça se calme. Une fois que le lit a arrêté de faire des zigzags dans la pièce un message apparaît sur mon portable… Je vous JURE !! Il ne manquait plus que ça !! 

Le jour se lève sur une nouvelle journée à Meknès

Nous en venons à nos représentations sur le très beau site de l’Institut Français de Meknès. C’est ici que nous avons joué notre première représentation exclusivement scolaire. 300 enfants sont donc venus découvrir le spectacle. La représentation a été assez sportive car nos jeunes spectateurs ne manquaient pas d’énergie et d’enthousiasme. L’expérience restera inoubliable et riche d’enseignements sur le jeune public marocain. Dans une ambiance plus calme nous avons reçu le tout public en soirée. L’institut nous a fait l’honneur d’inviter un groupe d’enfants vivants dans un orphelinat de la ville. Une très belle représentation pleine de délicatesse notamment avec ces enfants qui comme Victor et Gabrielle sont blessés par la vie et par l’absence de l’amour de leurs famille. Après un démontage express 

Nous avons partagé dans le café qu’abrite l’institut un délicieux repas en compagnie de l’équipe de l’institut et de quelques spectatrices nous aillant attendu. Cette fin de soirée nous a ravi, car une fois encore nous avons pu constater le dynamisme et l’engagement qui règne sur le terrain et comprendre un peu mieux les grandes diversités d’actions que chacun.e mène pour la diffusion de la Culture dans le royaume du Maroc. Mais il est déjà l’heure de dormir car demain nous filons aux aurores dans la ville de Fès qui clôturera notre périple.

Épisode 4 : Certains regardent les étoiles à Tétouan

Tétouan n’est qu’à 1h de Tanger en voiture mais il nous a fallu partir au petit matin pour pouvoir jouer le soir même. La ville de Tétouan est très différente de Tanger même si elles sont clairement cousines par l’influence espagnole qui y règne.

La mer est remplacée par la montagne et les couleurs sont chassées par un blanc éclatant et une médina classée patrimoine historique.

Un endroit superbe dont nous ne verrons que très peu car nous repartons dès le lendemain matin.

Il n’y a pas de grands récits héroïques cette fois tellement nous étions concentrés sur la représentation. La salle était belle et grande mais quelques pièges notamment électriques nous attendaient puisque les gradateurs ont sauté plusieurs fois, les vidéoprojecteurs pourtant réglés et calés ont fait du surf sur le tapis de danse nous obligeant à recommencer les calages plusieurs fois… Bref rien de méchant mais la fatigue se fait sentir.

Quelle expérience intense de passer d’un public à un autre aussi vite. À Tétouan nous avions plutôt une salle d’adultes ce qui était une première depuis le début de nos dates marocaines. On ne s’ennuie décidément pas dans cette tournée et c’était un plaisir de partager ce moment.

La soirée s’est achevée sur un délicieux dîner dans un cadre flamboyant, rythmée par une groupe de flamenco et en compagnie du directeur de l’Institut français et de son attachée culturel qui nous ont fait partager les délices de Tétouan en devisant sur toutes les facettes du Maroc qui nous échappaient encore. Et avant de se glisser dans nos lits, un petit tour sur le toit-terrasse du restaurant.

Pour vous donner tout de même quelques chose de croustillant à vous mettre sous la dent, je vous propose une pose sexy de notre technicien de choc et de charme.

Un tuto maquillage invisible de Damien dans les loges… Son ultime secret de beauté révélé

Épisode 3 : Certains regardent les étoiles à Tanger

visuel certains regardent les étoiles à Tanger

Un petit déjeuner avalé à toute vitesse vers 6h du matin et nous voilà grimpant dans le Youness Bus pour une traversée de plus de 600 km. Notre heure de départ a été avancée après que Youness nous ait annoncé qu’avec le trafic et les limitations liées au bus nous pouvions mettre jusque 10h de route ! Délai impossible, puisque nous avions un premier service de montage au théâtre à 18h. Nous voilà donc au levé du jour enfoncés dans les fauteuils du bus.

Je vous arrête tout de suite dans votre enthousiasme, dans ce qui suit vous ne trouverez pas Emmanuel la tête dans le moteur du bus, Michaël cherchant son sac dans un fossé ou Damien vissé sur le toit du véhicule à chanter une ode à la glace à la datte ou à l’avocat… Non, rien de tout ça…

Juste un tour de passe passe à la marocaine car Youness a finalement réussi à ne mettre que 7h pour nous déposer à bon port. Voici le voyage depuis la fenêtre :

Un petit miracle qui nous aura permis de commencer du bon pied avec Hicham et son équipe technique sur le pont dès notre arrivée dans la salle Becket de L’institut français de Tanger. La salle est idéalement située entre le quartier de la ville nouvelle et les quartiers plus populaires de la médina. Elle est plus complexe à prendre en main que celle de Marrakech mais tout se déroule bien, grâce aux l’ingéniosité de tous (on aura repeint un mur, démonté des rideaux noirs pour en faire des pendrillons cousus à l’épingle etc.)

Lors du premier service de montage, dans notre enthousiasme nous abordons la date qui suivra celle de Tanger à Tétouan. Elle sera plus délicate car elle nécessite un pré-montage lumières et draperies, la vieille de notre arrivée…
– AH ?!
– Quoi ? AH ??!

Les techniciens se regardent interloqués.
Michaël semble tomber dans une faille temporelle et Manu plisse les yeux un sourcil levé.

Revoyons cette scène au ralenti.

1h30 sépare la ville de Tanger de celle de Tétouan. Nous apprenons dans la discussion que les mêmes techniciens feront les deux lieux. Jusque là super. Les deux lieux partagent aussi le même matériel pour ne pas multiplier les coûts. Là aussi super… MAIS ?!

Si on termine le montage et que l’on joue à Tanger le 13/02 jusque 23h démontage inclus (en présence des techniciens) ET que le prémontage à Tétouan doit se faire le même 13/02 avant notre arrivée le 14/02 à 9h30… Comment les techniciens et le matériel peuvent-ils être à deux endroits en même temps ?????

Commence alors un ballet de téléphones, passant de mains en oreilles et de bouches en mains. Je vous passe les détails mais en gros les choses se règlent, je crois. Ouf ! nous pouvons de nouveau nous consacrer corps et âmes à Tanger.

La ville qui fait fasse à l’Espagne est à la fois perchée sur des hauteurs et s’étale en plages et en ports. C’est très beau mais le tourisme n’est pas vraiment de mise. Toutefois en sortant de El Dorado le repère du poisson grillé, Michaël cède à la tentation d’une marche nocturne sur la plage avec Damien alors que Manu rentre se reposer à l’hôtel Chellah (Sheila ricanement idiot de qui vous savez).

La balade sur le front de mer agrémentée de grandes réflexions sur l’architecture, sur Tanger en été et sur l’influence espagnole nous poussent jusque loin. Si bien que pour le retour nous décidons de longer la mer en marchant sur le sable. N’est ce pas bucolique et charmant ? N’est-ce pas une jolie récompense après cette rude journée ? Michaël commente alors :

  • c’est fou ! L’éclairage est tellement puissant que l’on voit le sable comme en plein jour !
  • C’est vrai, ils sont fort ces marocains ils ont de bonnes ampoules ! Ricanement de fatigue !!

En fait il s’agissait au loin de la police qui surveillait la plage avec d’énormes projecteurs braqués sur nous…
Confiants et bons marcheurs nous continuons notre route les yeux braqués sur les phares du rivage opposé pour comprendre la géographie et la proximité de l’Espagne. Je vous épargne notre désir d’incarner subitement des danseuse andalouses avec robes à volants et tout le tralala.
Cette fois c’est le clignotement d’une lampe à LED (laide… ricanement de fatigue) qui nous sort de notre conversation.
C’est pénible !!!! Encore un vendeur de gadgets qui cherche à attirer notre attention alors qu’il est si tard. Il va vouloir nous refourguer ses jouets lumineux. On accélère le pas ignorant royalement cet importun.
Quelques mètres plus loin une silhouette virile surgit d’un pas décidé. On s’approche telles deux gazelles peu farouches pensant aller à la rencontre de notre vendeur à la sauvette un poil pénible. Mais une fois à sa hauteur nous lisons sur le gilet fluo chatoyant Police Royale des Frontières…
– Michaël je ne pense pas qu’il vende des chameaux lumineux …
– Vous êtes des réfugiés ?

On se voyait déjà jeté au cachot dans une geôle humide. Adieu Sheila !!!!

Mais de concert nous avons rétorqué :
– Ahhhhh mais pas du tout, du tout, monsieur l’agent ! C’est une erreur !!!
– …

Je pense que la réponse chorale, notre français désuet autant que notre récent statut de danseuses andalouses aura eu raison de la volonté de notre interlocuteur. Il a fait pour être honnête un pas de recul les yeux grands ouverts en nous disant bienvenu au Maroc et il est parti en reculant.

Nous sommes partis dormir sur cette victoire pour affronter la dernière journée à Tanger. Je dois admettre que la représentation a été assez folle avec un public très heureux d’être là avec nous. Un public familial, scolaire cette fois et officiel puisque le vice-consul de France était là aussi. Les délais ne nous permettaient pas de faire de rencontre avec les spectateurs. Mais ce qui est amusant c’est que du public est revenu dans la salle pendant le démontage car ils débattaient entre eux dans le rue pour savoir ce qui était vrai ou faux dans notre histoire. N’en pouvant plus ils ont décidé de venir nous voir.

La soirée c’est très agréablement terminée avec l’équipe de l’Institut français de Tanger autour d’un délicieux dîner et de grandes discussions passionnées.

Épisode 2 : Certains regardent les étoiles à Marrakech

Je vous vois venir tous et toutes après notre prologue rempli d’embûches et de contre-temps vous venez ici vous repaitre de notre désespoir et de nos mésaventures tels des vautours. Alors je ne sais comment vous le dire mais cette fois-ci vous n’en aurez pas pour votre argent.
L’Institut Français de Marrakech nous a reçu sans accroc avec une équipe technique et administrative ultra pro et attentionnée. Nous avions pour nous une très jolie salle, dans un cadre absolument charmant mêlant jardins, petit café, fortifications de la ville, théâtre de verdure, cinéma et amphithéâtre de plein-air…

On a beau dire mais si on voulait affirmer symboliquement que la France porte dans son coeur la Culture au sens large, on ne pourrait pas faire mieux. L’Institut dispose d’un très bel outil et rien n’a pu contrarier nos plans d’installation.

Nous vous offrons un petit tour rapide des lieux, pour vous faire une idée.

Mais ce récit ne serait pas complet sans évoquer la représentation. Et bien là aussi, aucun piège, pas de foudre tombée sur le compteur électrique, rien. Juste un public familial mêlant joyeusement femmes, hommes et enfants de toutes générations et surtout de toutes origines. C’est là je dirai la réussite de l’Institut c’est d’avoir des publics très divers. Nous avions donc avec nous à la fois des membres de la communauté française et du public local. Nous devons le dire nous avons passé une très belle soirée. Elle s’est achevée sur un échange improvisé très chaleureux.

Mais, c’est déjà l’heure du démontage pour repartir avec Youness dans le tour bus direction Tanger. 10h de route et un service de montage à l’arrivée nous attendent !
Youness sera donc notre chauffeur mais aussi notre indispensable DJ pour avaler les kilomètres.

Je sens la déception poindre…

Vous n’avez pas l’intention de repartir d’ici sans une goutte de drame…
Alors oui, vous avez raison nous avons connu quelques déboires personnels ces derniers jours… L’un des plus épique aura été une expédition spontanée en direction d’un rêve de champ d’oliviers. Voir une oliveraie marocaine au bord de la ville. Une parenthèse authentique de nature dans une ville bouillonnante. Go go go ! Nous n’irons pas dans la médina on va faire du tourisme alternatif ! ERREUR FATALE !!!

Nous voilà donc arpentant les routes de la ville. Avouons le tout de suite, la presque autoroute que nous longeons durant environ 30 minutes d’un pas dynamique et intrépide. Déjà vous vous dites comme nous… C’était peut-être pas la meilleure idée de l’année cette histoire. Mais qu’à cela ne tienne, l’olive mérite quelques sacrifices. Le soleil cuisant à feu doux nos peaux fébriles et les pots d’échappement auraient du nous convaincre d’un salutaire demi-tour. MAIS NON ! Je veux voir des olives, je veux voir des OLIVES !!! JE VEUX VOIRRR DES OLIVES !!
– « Michaël ! ça va être MAGNIFIQUE !! »
– « Oui Damien c’est vrai, franchir ces obstacles c’est pour être récompensé par la beauté sèche d’un champ débordant d’une nature puissante… »

Après quelques bifurcations dans des rues heureusement plus tranquilles nous arrivons devant la merveille dont nous rêvions…

« Ne voyagez JAMAIS avec nous !! JAMAIS !!!! Même et surtout si ça à l’air bien !!! »

Premier épisode de notre tournée au Maroc

Certains regardent les étoiles va déployer ses ailes pour changer de continent. On ne vous cache pas que comme pour chaque aventure internationale à notre actif… Il y a de nombreux imprévus. Cette fois-ci, par exemple, les roues de la voiture en charge du décor étaient en surchauffe… au point d’avoir envie de prendre feu et de réclamer un changement de véhicule en catastrophe. Mission réussie par Manu en un tour de main et au prix de quelques heures de sommeil en moins. Une fois passé le désormais traditionnel « ça ne rentrera jamais… » de Michaël en regardant la scéno. Nous sommes arrivés à l’aéroport avec 15 bagages à enregistrer à porter à 3…

Après avoir tourné beaucoup sur nous même et pris les ascenseurs pour faire 0/-1 à de multiples reprises nous avons trouvé le fameux TELEPHONE BLANC pour joindre l’agent de la douane… Pour le plaisir voici le message reçu dans le combiné : « ce poste est transféré si vous souhaitez annuler le transfert faites le …  » Circonspects et incrédules nous avons écouté en boucle ce message une dizaine de fois avant de nous décider à foncer sans plus de précaution vers le téléphone NOIR de l’étage supérieur.

Et là, entre le téléphone NOIR et la borne de détaxe à lecture de codes barres nommée PABLO ; un guichet ouvert qui a validé notre dossier.

Nous en venons maintenant au dépose bagages et à notre côté HORS FORMAT (oui on a tout de même une cerce de plusieurs mètres de diamètre sous les bras). Imaginons maintenant Michaël entre stress pré-décollage et angoisse de voir l’hôtesse au sol peser le décor (« ça va être BEAUCOUP trop lourd »). C’est déjà une scène en soi. Mais ajoutez à cela qu’il explique à Damien mais en fait secrètement dirigé à l’hôtesse qu’elle se trompe dans sa procédure. Parce que lui, il connait la procédure… il l’a lue toutes les nuits depuis le mois de novembre sur le site internet de la compagnie aérienne pour préparer le voyage. Dois-je préciser que ce que faisait l’hôtesse nous était favorable ??? Mais notre étoile était bonne et tout notre barda est partie en soute… sous l’oeil amusé du personnel.

Il nous reste à évoquer la tempête Ciara qui menaçait notre vol d’un vent à faire tourner nos perruques, de l’hôtesse à la porte d’embarquement qui voulait mettre les trois vidéoprojecteurs en soute (un assassinat !!!!)… là pour le coup c’est Damien qui a lançait un tonitruant : ça, ça n’est absolument pas possible du tout !!! Puis il y a eu le cinéma du décollage, le cinéma avec le steward Benoit, le cinéma de pousse toi Manu je veux aller aux toilettes (18 fois) ou je veux un goûter dans l’avion c’est nul les low-cost, le cinéma de « ouvrez vos bagages » à la douane au Maroc… et puis finalement…. Youness est arrivé avec notre tour bus et là … Et bien là, les choses commencent…

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